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[RTBF - Culture] François-Régis de Guenyveau, 28 ans, un premier roman après un parcours commercial




Christine Pinchart Publié le lundi 21 août 2017 - Mis à jour le mercredi 23 août 2017 à 14h51


Rencontre avec François-Régis de Guenyveau pour son premier roman : "Un dissident" chez Albin Michel.  28 ans, une école de commerce et une vraie passion pour la littérature, François-Régis publie un premier roman, après l'écriture d'une comédie musicale, montée avec plusieurs amis aux Folies Bergères à Paris.


Une grande maison d'édition d'emblée, Albin Michel, ça s'est fait très vite ?

François-Régis de Guenyveau : Oui, assez rapidement, je ne m'y attendais pas du tout. Après quelques mois passés au Vietnam en tant que cadre chez Alibaba, j'ai quitté mes fonctions pour me lancer dans ce projet d'écriture. Sept mois plus tard, en rentrant en France, j'ai envoyé mon manuscrit à Albin Michel, et j'ai été rappelé au bout de trois jours.

C'est un roman étonnant. Lorsqu'on lit la quatrième de couverture, elle annonce un roman d'anticipation, et ce n'est pas le cas pendant la moitié du livre. Pourquoi ?

Le début du roman se déroule à la fin des années 80. Il était important pour moi de revenir aux sources du personnage, Christian, et de cerner son existence de sa naissance à sa mort, parce qu'elle incarne à mes yeux le basculement d'une époque vers une autre, le passage du vintage ringard de mon enfance a la supermodernité technologique de ma jeunesse. Christian naît dans un petit village de Provence, très isolé, où rien ne se passe. Au fil du temps, il va être le témoin d'un monde technicisé de plus en plus ambigu et incertain. Et puis viendra le temps où lui-même voudra prendre part à l'évolution du monde, en se consacrant aveuglément à la recherche scientifique.

Ce n'est que petit à petit que l'on comprend l'ambition de Christian

Il a une sorte de "destin" à suivre, il se sent depuis tout petit appelé à devenir un personnage extraordinaire. Et il va le devenir, en effet, avant de comprendre qu'il n'est peut-être qu'une marionnette d'un projet social et politique qui le dépasse. Pur produit scientifique, il essaie de tout expliquer par la science et décortique le monde qu'il observe par des équations mathématiques. La bifurcation commencera à s'opérer quand il comprendra qu'une partie du vivant, qu'il croyait jusque-là pouvoir modéliser dans son laboratoire, lui échappe complètement. Lui-même d'ailleurs est une énigme. Il ne se comprend pas toujours. Sa personnalité lui échappe. Bête froide et rationnelle, il se découvre une sensibilité à fleur de peau quand il écoute de la musique classique, et notamment le Sacre du printemps de Stravinsky. Pourquoi ces réactions si extrêmes ? Par quel mécanisme se sent-il enivré par la beauté de l'art ? Quelque chose lui résiste. Il doit exister un souffle, un esprit, un mystère qui ne peut être enfermé dans ses démonstrations. Il y a donc peut-être des limites au progrès technique.

Alors arrive Stan, qui est un personnage lui, plus énigmatique ?

Stan est à la fois l'oncle et le parrain de Christian, un entrepreneur à succès, à la fois charismatique et envoûtant. Petit, Christian ne sait qu'une seule chose de lui : il travaille pour le "bien de l'humanité". C'est du moins ce que lui dit sa mère. En grandissant, Christian va désirer en savoir davantage. Une fois son diplôme en poche, il va être recruté par son parrain et découvrir enfin, très progressivement, ce que signifie "le bien de l'humanité".

"Un dissident", premier roman de François-Régis de Guenyveau, chez Albin Michel. Une belle découverte, à lire comme un roman d'aventure, avec une pointe de suspense et beaucoup d'humanité. Sortie le 24 août.


Pour lire un extrait du livre 

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